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Médicaments contre le rhume : des risques toujours élevés

Médicaments contre le rhume : des risques toujours élevés

Les médicaments contre le rhume, à base de vasoconstricteurs comme la pseudoéphédrine, ne sont pas conseillés en cas de rhume. Leurs effets secondaires peuvent être lourds.

 Chaque hiver, il est responsable de nez bouchés, congestionnés ou qui coulent. Bien qu’encombrant, le rhume reste une maladie sans gravité. Mieux vaut, donc, ne pas céder à l’attrait des médicaments « antirhume » (Actifed, Dolirhume, Humex Rhume, Rhinadvil…). Ils décongestionnent grâce à des molécules ayant une action vasoconstrictrice, comme la pseudoéphédrine. Celles-ci ne sont pas sans risque, rappelle l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

POURQUOI ÉVITER LES MÉDICAMENTS CONTRE LE RHUME ?

Les décongestionnants contre le rhume sont peu efficaces. À l’inverse, ils peuvent provoquer des effets secondaires démesurés, au regard de la pathologie qu’ils traitent. Des cas d’hypertension artérielle, d’angines de poitrine, de convulsions, d’accidents vasculaires cérébraux, de troubles psychologiques ont, notamment, été signalés. Entre 2012 et 2018, l’ANSM a recensé 307 victimes d’effets secondaires graves, dont 5 sont décédées.

Afin de limiter la prise de ces médicaments, leur publicité a été interdite au début de l’année 2018. En janvier 2020, une fiche d’information destinée aux patients a été élaborée. Elle alerte sur les effets secondaires et doit être systématiquement remise en cas d’achat de décongestionnants. Au vu des risques, l’ANSM conseille de limiter leur usage. Ils peuvent être envisagés seulement si les symptômes persistent alors que d’autres mesures ont été testées.

Dans certaines situations, ces médicaments ne doivent pas être utilisés : en cas de troubles cardiovasculaires, d’antécédents de convulsions, de risque de glaucome, de rétention urinaire ou d’allaitement. Un avis médical préalable est nécessaire en cas de trouble neurologique, d’hyperthyroïdie, de diabète ou de prise de certains médicaments (dérivés de l’ergot de seigle ou antidépresseurs IMAO).

COMMENT TRAITER LE RHUME ?

Rappelons qu’un rhume guérit spontanément sans traitement en 7 à 10 jours. Dans l’intervalle, certaines mesures aident à en soulager les symptômes. Selon nos tests, le sérum physiologique et les sprays nasaux à base d’eau de mer conviennent très bien pour se laver le nez. En complément, il est conseillé de s’hydrater régulièrement et de dormir la tête surélevée. Dans ce dernier cas, le sommeil est facilité. En revanche, les inhalations d’huiles essentielles sont à éviter : elles aussi sont responsables d’effets secondaires et certaines irritent les voies respiratoires.

DES MÉLANGES À RISQUE

Les décongestionnants s’appuient principalement sur l’action des vasoconstricteurs. Dans la plupart des cas, ils contiennent aussi du paracétamol ou de l’ibuprofène, pour lutter contre la fièvre et les maux de tête associés au rhume, ou des antihistaminiques, pour assécher le mucus. Afin d’éviter tout surdosage, il ne faut jamais prendre en même temps un autre médicament à base de paracétamol, d’ibuprofène ou d’antihistaminique. Un conseil pas toujours respecté, comme l’avait révélé notre enquête en pharmacies.

Audrey Vaugrente